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Publié : 22 mai 2012
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Woodstock

contestation une marée humaine contestation Un moine s'immole à Saïgon Peace and love Rassemblement à Washington

 Contexte politique : La guerre du Viêt-Nam

En 1969, les États-Unis sont enlisés dans une guerre qui les opposent aux Nord-vietnamiens soutenus par la Chine et l’URSS, afin d’empêcher le Sud-Vietnam de basculer dans le bloc communiste et de préserver leurs intérêts dans cette région.
Cette guerre va se révéler abominable, en raison du terrain (jungle, marais, rivières, insectes, etc...) et aussi à cause de la stratégie des Nord-Vietnamiens qui consiste à pratiquer une guérilla sur un sol qu’ils connaissent parfaitement.

 La contestation :

Pour la première fois une guerre est médiatisée. En effet les Américains découvrent sur leur télévision les réalités du conflit : violences, boucherie, massacres de civils de part et d’autre.
En 1963, un moine s’immole par le feu sur une place à Saïgon pour témoigner des persécutions envers les bouddhistes au Vietnam.
Une partie de plus en plus importante de la population américaine désapprouve cette violence et les soldats eux-même ne savent plus pourquoi ils se battent. La jeunesse va contester de façon virulente cette guerre. A la fin des années soixante, plusieurs évènements deviendront des symboles de cette prise de conscience :

Le 15 avril 1967, de 100 000 à 200 000 personnes défilent à New York contre la guerre. À Central Park, plusieurs centaines de jeunes détruisent leurs papiers militaires. D’autres fuient au Canada pour échapper à la guerre. Le 21 octobre 1967, une marche sur le Pentagone réunit plus de 100 000 personnes. En avril 1968, des étudiants occupent le campus de l’université Columbia ; ils sont évacués par la police le 30, ce qui entraîne une grève de protestation jusqu’à l’été 1968. Le 22-30 août 1968, des affrontements à Chicago opposent des étudiants à la police lors de la Convention du Parti démocrate. Les étudiants américains s’insurgent contre la guerre du Viêt-Nam. D’autres universités prennent position contre la guerre, comme celle de Berkeley en Californie.

 Woodstock

C’est dans ce climat politique difficile que va se dérouler ce qui sera reconnu comme un évènement majeur de l’histoire de la musique du XXe siècle.
Le Festival de Woodstock fut l’un des plus grands concerts de musique rock de son époque. Le festival dura trois jours, du 15 au 18 août 1969. Il se tint à Bethel aux États-Unis d’Amérique, près de la ville de Woodstock dans l’État de New York.
Alors que 10 à 20 000 personnes étaient attendues, près de 500 000 assistèrent au festival, la plupart ne payant pas l’entrée. La route qui menait au site fut rapidement bloquée, les différentes commodités mises en place furent vite débordées, le week-end fut pluvieux (la région fut déclarée zone sinistrée au cours du festival) et malgré tout cela, aucune violence ne fut reportée. Le chef de la police locale constate : « Nous avons eu moins d’ennuis avec ces 500 000 jeunes qu’avec les vacanciers ordinaires ». Le festival fut le point culminant de la contre-culture des années 1960 et de la culture hippie.
Michael Lang, déjà organisateur d’un autre festival malgré son jeune age, fut à l’origine de ce projet qui, dans un premier temps, fut un désastre financier avant que le film documentaire ainsi que les ventes de disques ne renflouent les caisses.
Plus de 32 groupes ou solistes se relayèrent durant ces trois jours et c’est par la prestation de certains d’entre eux que la guerre du Vietnam s’invita à ce festival :
- Richie Havens entame la série de concerts avec un morceau appelé Freedom, dont le rythme soutenu et tribal le fait sortir de scène complétement en sueur :
http://www.youtube.com/watch?v=tf1B9ktRCkg

- Joan Baez, chanteuse de ce que l’on appelle les protest songs , dont le mari est emprisonné pour ses opinions contre la guerre, interprète la chanson Joe Hill qui parle d’un syndicaliste assassiné dont les idées subsistent par delà la mort :
http://www.youtube.com/watch?v=PX7M9psH0rM

- Country Joe Mac Donald dont le morceau I-Feel-Like-I’m-Fixin’-to-Die contre la guerre au Vietnam est particulièrement connu. Il y chante One, two, three, what are we fighting for ?, que l’on peut traduire par « Un, deux, trois, pourquoi se bat-on ? »

- Jimi Hendrix, guitariste révolutionnaire, imitera à l’aide de son instrument et d’effets sonores tels que la distorsion, la réverbération et le sustain, les bombes tombant sur le Vietnam en déformant l’hymne américain.

D’autres prestations deviendront mythique :
- Carlos Santana et son jeune prodige à la batterie dans le mémorable morceau Soul Sacrifice.

- Joe Cocker qui verse ses tripes sur scène dans son interprétation de la chanson des Beatles With a Little Help from my Friends.
https://www.dailymotion.com/video/x...

- Janis Joplin, chanteuse exceptionnelle qui décèdera quelques mois plus tard tout comme Jimi Hendrix d’une overdose de drogue, (fléau des artistes de cette époque). Son morceau s’appelle Try.

Ce qu’il faut retenir de ce festival, c’est qu’il devint un des emblèmes de la contre-culture américaine, un des éléments de la contestation et pour tout ceux qui l’ont vécu, un moment exceptionnel avec le sentiment d’avoir participé à quelque chose d’historique, preuve en est que 43 ans plus tard on en parle encore et que l’anniversaire de cet évènement continue à être fêté.

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