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Publié : 14 mars 2013
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Rivalités en gymnastique, par Lisa

C’était une matinée de mercredi ordinaire qui finissait au collège Henri Dunant. Les élèves se dirigeaient gaiement vers la sortie. La plupart d’entre eux bavardaient de leurs projets pour l’après-midi. Si certains auraient le reste de la journée pour s’amuser, ce n’était pas le cas de tout le monde. En effet, l’équipe féminine d’UNSS allait affronter celle du collège de Navarre, dans une compétition de gymnastique.

Julie, Lucie, Jade et Léa, les membres de l’équipe d’Henri Dunant, en parlaient depuis des jours. Elles étaient plutôt confiantes envers leurs chances de réussite. Alors qu’elles discutaient, Morgane, qui se trouvait avec elles, leur dit en se mordillant la lèvre :

Bonne chance et surtout faites attention à vous !

Ses amies la remercièrent et se séparèrent, se donnant rendez-vous au collège.
À 13heures, les quatre filles se retrouvèrent devant le portail. D’autres personnes qui n’étaient pourtant pas inscrites à l’UNSS arrivaient, comme chaque mercredi, pour aider à installer le matériel. Tout le monde avait hâte de voir les deux équipes sur le terrain, une rencontre attendue depuis des semaines. Les gymnastes du collège de Navarre étaient, en effet, leurs adversaires les plus coriaces.

Sous les ordres des professeurs d’E.P.S, les élèves installaient les ateliers qui serviraient pour la compétition. Julie et Jade s’occupaient de la grande poutre, tandis que Lucie et Léa mettaient en place les barres parallèles.

- C’est bon, tout est prêt ? demanda monsieur Lenormand.
- Oui, on a fini, répondit Julie, satisfaite.

Elle se tourna vers les trois autres filles, qui hochèrent la tête d’un air entendu. Elles allèrent aux vestiaires se préparer, puis s’entraînèrent une dernière fois avant que le collège de Navarre n’arrive. Lorsque leurs adversaires arrivèrent accompagnés de supporters endiablés, ceux d’Henri Dunant leur laissèrent la place pour qu’ils puissent répéter une dernière fois.

À 14 heures, les professeurs des deux établissements réunirent leurs équipes. Quelques-uns étaient anxieux, d’autres totalement décontractés. M. Marie expliqua le déroulement, et les quelques modifications de dernière minute. Parmi elles, l’ordre des passages. Navarre passerait en deuxième, et non pas en premier, comme c’était initialement prévu.

- Mais monsieur, pourquoi on change l’ordre ? s’écria Lucie, visiblement contrariée.
- Parce que Navarre vient juste de s’entraîner et on trouve ça plus juste, expliqua monsieur Marie, d’un ton sec.

Elle s’apprêtait à rétorquer que ça ne changerait rien, mais comme le professeur s’éloignait déjà, elle repartit vers ses amis en marmonnant.

La compétition commença avec Léa au sol. Mises à part une ou deux erreurs, tout se passa bien. Puis ce fut au tour de Jade, qui devait passer à la poutre. Elle s’avança et se mit en position pour monter. Elle fit quelques pas pour se rassurer et commença son enchaînement. Soudain, alors que venait le moment de faire un saut, la poutre s’affaissa légèrement. Ce fut assez pour déstabiliser Jade, et celle-ci se tordit la cheville en tombant. On entendit un cri de douleur, qui couvrit les exclamations du public.
Plusieurs personnes accoururent vers elle, et après l’avoir examinée, monsieur Marie décida d’avertir ses parents. Un silence pesant glaça l’atmosphère.

Les autres adultes regroupèrent les élèves, mettant temporairement fin à la rencontre. Beaucoup étaient encore surpris de cette chute, et ils avaient eu peur que ce soit plus grave. À l’évidence, la poutre avait été mal réglée et serrée. Personne n’avait pu le signaler, car lors des entraînements, tout le monde avait préféré rester au sol.
Monsieur Marie revint. Lui et tous les autres professeurs s’écartèrent des élèves quelques minutes pour s’entretenir.

- Vous pensez que c’était un accident ? interrogea une enseignante du collège de Navarre, visiblement inquiète. Après tout, les élèves n’ont peut-être pas fait attention en installant.
- C’est vrai, approuva M. Lenormand, en plus Jade faisait partie de celles qui ont installé la poutre, ce serait bizarre... En plus j’ai vérifié toutes les installations, un peu avant le début de la rencontre.
- On ne peut pas se fonder sur des paroles d’élèves, tout le monde peut se tromper ou mentir, déclara M. Marie.
- Si on veut être sûrs, allons demander aux élèves concernées, suggéra M. Lenormand, tout de même hésitant.

Lucie, Léa et Julie s’étaient mises à l’écart des autres, encore inquiètes pour leur amie. On pouvait distinguer dans leurs yeux des larmes de déception et de peur. Mais elles affirmèrent toutes les trois qu’elles avaient bien bloqué la poutre. Face à l’assurance des filles, les adultes repartirent.

- Il semblerait que quelqu’un ait desserré la poutre intentionnellement, alors, remarqua M. Marie.
- Mais qui ? Un entraîneur ? Un supporter ? Un membre d’une équipe ? Voilà la question, ajouta un collègue de Navarre.

Comment une rencontre sportive pouvait-elle se dérouler de cette manière ? Les élèves avaient pourtant l’esprit sportif, et savaient accepter la défaite.
Ils se le demandaient tous, et par logique, ils pensèrent aux élèves de Navarre, qui avaient été les derniers à s’approcher des ateliers. Et puis, pourquoi un élève d’Henri Dunant aurait voulu faire perdre son équipe ? C’était insensé !

Monsieur Lenormand proposa alors d’interroger les élèves. Ils commenceraient par ceux du collège invité, comme il était plus que probable que le ou les fautifs soient l’un deux.
Mais dès les premiers interrogatoires, les professeurs se rendirent à l’évidence : ce ne serait pas si facile. Chaque élève niait être le responsable de cet accident, et ils étaient incapables de discerner le vrai du faux. Il y avait eu tellement de monde dans le gymnase que dérégler la poutre aurait été un jeu d’enfant. À un moment, ils crurent avoir une piste :

- On est plusieurs à s’être adossés à la poutre, tout à l’heure, racontait un garçon du nom de Mickaël. On regardait des amis faire leurs mouvements, peut-être que l’un de nous l’a fait discrètement...

Mais ça ne les avança pas plus. Comme aucun élève de Navarre ne put les éclairer, ils finirent par interroger ceux de l’autre collège. Ils n’eurent toutefois pas plus de chance, et aucun élève ne leur parut plus suspect qu’un autre. Quand ce fut à leur tour, Julie, Lucie et Léa furent indignées.

- Pourquoi aurait-on voulu du mal à Jade ? s’exclama Léa. C’est notre amie et elle est dans notre équipe !

C’était aussi ce que pensaient M. Marie et M. Lenormand, qui s’arrêtèrent là.

Rapidement, la fin de la rencontre arriva, sans que le mystère n’ait été résolu. Les professeurs décidèrent de mener l’enquête chacun dans leur établissement.

Le lendemain matin, dans le hall d’entrée du collège Henri Dunant, les membres de l’UNSS parlaient de ce qui s’était passé aux autres élèves. Ces derniers écoutaient, choqués ou excités par l’idée que les professeurs d’EPS mènent l’enquête. Ça allait mettre un peu de piment dans leur journée ! Par groupe, ils émettaient des hypothèses accusant telle ou telle personne. Selon eux, quelqu’un ne faisant pas partie de l’association avait pu rentrer dans le gymnase discrètement, et s’approcher de la poutre au milieu de la foule sans éveiller les soupçons.

À la récréation de 15 heures, un groupe de filles parlait encore de l’événement de la veille. Ce groupe était composé de Jade, Julie, Léa, Lucie, Loann et Morgane, qui trouvait que Jade avait eu beaucoup de chance de ne pas être gravement blessée : une simple entorse à la cheville, qui lui valut quand même une attelle et des béquilles.

- Je vous avais dit de faire attention, soupira-t-elle.
- On ne pouvait pas savoir, maugréa Julie, disons qu’au moins, Navarre n’a pas gagné...
- Vous non plus ! répliqua Morgane, semblant un peu déçue.

Pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur Jade ? Ça aurait dû être une autre personne, n’importe qui, mais pas elle. Pas une personne de ce collège. Ça n’avait pas été très futé, comme idée... Tout était si imprévisible !

- N’empêche Morgane, tu parles comme si que tu savais qu’il allait se passer quelque chose, constata Loann avec des yeux suspicieux, ils t’ont interrogé les profs ?

Bien sûr qu’il allait se passer quelque chose, mais pas ça. Il ne devait même pas y avoir de blessé, à la base. Comme quoi, tout pouvait arriver... C’était étonnant que les professeurs ne l’aient pas encore remarqué. Il y aurait dû avoir un scandale de la part du groupe, mais ça n’avait pas eu lieu. Elles mentaient trop bien. Elle, elle n’était pas aussi forte. Ce qu’elle avait raconté aux adultes était tellement léger qu’ils ne l’avaient pas cru.

- Eh oh, Morgane t’es avec nous, à quoi tu penses ?
- Oui oui...

Il fallait le dire, ça ne servait à rien de mentir plus. On allait lui en vouloir, mais c’était trop important. Les adultes allaient continuer à se poser des questions, et quelqu’un d’innocent serait accusé et puni. Non, c’était injuste.

Morgane s’excusa et se hâta d’aller en salle des profs sous les regards accusateurs de ses amies. Comme si elles savaient. Elle déglutit. Une fois arrivée, elle demanda à parler avec M. Marie, ou n’importe quel autre professeur d’EPS. En fait, tous arrivèrent et acceptèrent de l’écouter. Elle inspira un bon coup, puis commença.

Un petit nombre de personnes de l’UNSS attendait devant une salle de cours. Les profs les avaient fait venir pour une raison inconnue, même si les élèves avaient une petite idée sur la question. Ca faisait dix minutes que Morgane avait laissé les filles, et elle avait sûrement dû retourner dans la cour.

- A votre avis, qu’est-ce qu’ils veulent nous dire ? S’inquiétait Jade.
- Vous croyez qu’ils savent ? murmura Léa.

Julie acquiesça. Il ne pouvait pas y avoir d’autre raison. M. Marie, M. Lenormand et Mme Cambours arrivèrent et demandèrent le silence.

- Nous avons enfin le plaisir de vous annoncer que cette histoire de poutre est terminée, commença monsieur Lenormand. Nous savons qui sont les coupables, et ces personnes seront interdites d’UNSS pendant deux mois. Nous sommes déçus de cet acte, et espérons que ça ne se reproduira pas.

Faisant signe qu’ils avaient saisi l’avertissement, les élèves repartirent. Cependant, avant qu’elles aient le temps de s’éclipser totalement, le groupe des quatre filles fut rappelé par monsieur Marie.

- Alors ? Questionna-t-il.
- Alors quoi ? répéta Lucie en rougissant.
- Expliquez-nous la raison de votre acte, ou alors vous serez interdites d’UNSS pour une durée encore plus longue !

Les quatre amies se regardèrent. D’où tenaient-ils cette information ? Il n’y avait pourtant aucune piste menant à elles... Comprenant leur surprise, les professeurs firent entrer Morgane.

Elles baissèrent les yeux, honteuses. Comme aucune autre ne semblait prête à ouvrir la bouche, Julie se décida :

- On voulait vraiment gagner... Au départ on ne voulait pas en arriver là, mais finalement on s’est dit que personne ne le saurait. On voulait juste faire peur à la personne sur la poutre, pas la blesser. Et on croyait que l’équipe de Navarre passerait avant nous, comme c’était prévu. Mercredi matin, on a dit à Morgane ce qu’on comptait faire, et elle nous a dit qu’on ne devait pas, mais on ne l’a pas écouté. Elle a dit aussi que ça allait se retourner contre nous d’une façon ou d’une autre....

Elles s’excusèrent toutes, sachant que ce qu’elle avait fait était idiot et injuste. Elles savaient qu’elles avaient mérité leur punition, mais étaient tout de même déçues. Elles levèrent la tête. Morgane leur sourit, et elles le lui rendirent. Au final, Morgane leur avait peut-être épargné une sanction plus lourde.

Lisa, 4e 1

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