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Publié : 5 décembre 2012
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Devinez la fin de « Prisonnière du temps » par Lisa

En ce Lundi de Novembre, les détenus de la prison de Louviers passaient encore une de ces nuits glacées qui empêchaient de dormir. Entre les murs sales et humides, il était presque impossible de trouver le sommeil. Quand un prisonnier y parvenait enfin, il n’était pas sûr de pouvoir se réveiller.
L’hiver arrivait bien plus tôt que prévu et les conditions étaient d’autant plus difficiles que personne ne se souciait de leur bien-être.
Les chaînes qui les maintenaient aux murs par les chevilles grinçaient et glissaient à cause du gel, mais personne ne s’en occupait. Plus personne ne se plaignait, seuls les nouveaux arrivants prenaient encore la peine de prier pour sortir d’ici. Les habitués ne savaient peut-être plus parler, à force de s’enfermer dans le silence. Ils ne le brisaient que lorsqu’ils recevaient une punition pour une quelconque raison.
La plus courante était la tentative d ’évasion. Beaucoup y parvenaient à cause du manque de sécurité, mais les pauvres qui se faisaient prendre subissaient de graves châtiments.
Arthémise avait déjà tenté de s’enfuir trois fois. Elle s’était fait rattraper à chaque fois, et malgré chaque changement de cellule, elle avait retenu certaines choses pouvant lui être utiles. Au fond, elle attendait la bonne occasion, même si plus personne dehors en l’attendait. Elle n’avait qu’une seule peur : mourir ici.

Or, cette nuit où les prisonniers manquaient de mourir gelés, deux personnes entrèrent dans la petite cellule où elle se trouvait. Elles venaient pour lui annoncer une terrible nouvelle : à la fin de la semaine, elle serait condamnée à la peine de mort.

Même si sa compréhension était ralentie par le froid, Arthémise saisit le principal : ils allaient la tuer. On ne lui donna aucune raison, mais ça n’avait aucune importance. Dans cet endroit, les prisonniers oubliaient rapidement leurs crimes. C’était le cas pour Arthémise, qui ne savait pas pourquoi elle serait exécutée.

Elle se répéta ce fait une bonne dizaine de fois pour être sûre qu’elle ne rêvait pas. Elle voulut se pincer mais n’y parvint pas à cause de sa maigreur. Une partie d’elle-même lui soufflait de négocier pour sa vie, tandis qu’une autre moins raisonnable, lui disait de s’enfuir.
Elle le pouvait après tout. Elle avait la peau sur les os et n’aurait donc aucun mal à sortir de cet endroit. Pour une fois, les trois uniques repas de la semaine pourraient lui être utiles. Cependant, même si son choix se porta sur l’évasion, elle décida de réfléchir. Il lui fallait un plan. Elle n’avait jamais autant réfléchi qu’à présent, animée par son désir de survivre.
De sa voix rocailleuse, elle commença à marmonner plusieurs idées.

Elle continua ainsi pendant deux jours. Malheureusement à cause du manque de repère, elle crut qu’un seul jour s’était écoulé.
Quand on lui apporta son dîner, elle le mangea, se réjouissant que ce soit son dernier dans cette prison. En effet, elle avait décidé de partir samedi, jour de son exécution, avant la repas. Durant les trois jours qui restaient, elle répéta et peaufina son plan. Tout d’abord, lorsque le garde distribuant les repas arriverait, elle se libérerait de ses chaînes. Elle n’avait aucune difficulté à extirper ses chevilles des deux anneaux de fer. Puis, avant que le garde n’arrive à son niveau, elle se glisserait entre les barreaux. Là, elle mettrait en pratique ce qu’elle avait appris lors de ses précédentes tentatives. Elle espérait sortir de ce dédale à temps.
Son plan était parfait, et elle y serait sans doute parvenue s’il n’y avait pas eu un léger problème : les deux jours qu’elle avait passés à réfléchir au lieu d’un seul.

Elle ne comprit donc pas pourquoi le geôlier vint la chercher, car elle croyait être vendredi. Il la mena dans une salle bondée.
Livide, elle écouta le chef d’audience annoncer l’exécution. Elle était condamnée à la pendaison, au grand plaisir du public. Elle se laissa guider sans résistance jusqu’à la potence.
Tous ses espoirs s’étaient envolés, elle ne pensait qu’à sa mort imminente.

Même si sa vie était misérable, elle l’aimait trop pour voir en la mort une délivrance.
Ses pensées s’arrêtèrent lorsqu’elle eut la corde autour du cou. Elle aperçut du coin de l’œil le public qui l’observait, puis plus rien.

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